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Albert Jacquard - Mon utopie

Albert Jacquard - Mon UTOPIE - L’école de demain

Le projet local - Alberto Magnaghi - De la conscience de classe à la conscience des lieux

Wikipedia : Utopie
L’utopie ou Le Traité de la meilleure forme de gouvernement (1516) - Thomas More
Etudes littéraire
L'utopie vue par Edgar Morin (Vidéo)

Ressources sur l'utopie, sur les utopies libertaires et les utopies anarchistes
Marx, le communisme, l’utopie Henri Maler

Paul Ricoeur : L’idéologie et l'utopie

Quelle société future ? Dernières nouvelles de l’Utopie - Serge Halimi - Diplo  08/2006

L'utopie de la ville au 21ème siècle: Entre nouvelle donne politique et mythes fondateurs

Utopie éducative, utopie pédagogique

 

Utopies citations :

Poètes, écrivains, politiques, philosophes... Le thème de l’utopie a inspiré certains de nos grands hommes ! Voici une première sélection de citations : liste à compléter...

-  "Le poète en des jours impies Vient préparer des jours meilleurs. Il est l’homme des utopies ; Les pieds ici, les yeux ailleurs"
Victor Hugo (Fonction du poète)

-  "Sans utopie, aucune activité véritablement féconde n’est possible"
Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine (Lettres de province)

-  "Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas"
Oscar Wilde

-  "Tout Etat doit se créer une utopie lorsqu’il a perdu le contact avec le mythe"
Ernst Jünger (Extrait d’Héliopolis)

-  "Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies"
Oscar Wilde

-  "La volonté aboutit à un ajournement, l’utopie ; la science aboutit à un doute, l’hypothèse"
Victor Hugo (Extrait de Post-scriptum de ma vie)

-  "Une utopie est une réalité en puissance"
Edouard Herriot

-  "Acclimater chez nous ces utopies, ce serait préparer un beau gâchis !"
Roger Martin du Gard (Extrait de Les Thibault)

-  "Il faut quitter le calme rassurant des utopies et des prophéties, fussent-elles catastrophiques, pour descendre dans le mouvement, déconcertant mais réel, des relations sociales"
Alain Touraine (Extrait de Lettres à une étudiante)

-  "Un monde sans fausse note : c’est une utopie qui chante"
Franck Dhumes (Extrait de Annulaire des mots)

-  "L’utopie n’est que le nom donné aux réformes lorsqu’il faut attendre les révolutions pour les entreprendre"
Jacques Attali (Extrait de Fraternités - Une nouvelle utopie)

-  "Il n’y a pas de grande réalisation qui n’ait été d’abord utopie"
Anonyme

L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles

Les nouveaux chemins de la connaissance par Raphaël Enthoven
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=66395&pg=avenir

Emission du lundi 12 janvier 2009

L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles: 1/5    
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture

Les lendemains qui chantent n'ont jamais lieu d'être. De la nostalgie de l’âge d’or à l’impatiente nostalgie d’un avenir introuvable, qu’elle soit l’idéal insulaire d’une cité parfaite, qu’elle annonce la république universelle, l’égalité absolue, la fin des différences ou le dépérissement de l’État, l’utopie n’est pas réelle car, en un sens, elle vaut mieux que ça, et pour disparaître, il lui suffit de voir le jour. À la différence du Dieu de Descartes, qu’on ne peut concevoir sans admettre qu’il existe (puisque ne pas exister serait, en quelque manière, le signe d’un défaut), l’utopie est un néant si parfait qu’il a tout à perdre à se réaliser.
 

Premier jour: introduction: l'idée d'utopie en philosophie politique, et chez Thomas More en particulier, avec:

Miguel Abensour.  Responsable de la Maîtrise de Science Politique à l'Université Paris-VII (Jussieu). Il a participé aux revues "Textures", "Libre". Directeur de la collection « Critique de la Politique » (Payot), il a publié des articles sur Saint-Just, l'utopie socialiste (P. Leroux, W. Horris), Blanqui, l'école de Francfort. Il est l’auteur de ""L’Utopie de Thomas More à Walter Benjamin" (Sens &Tonka, 2000) ; et du "Procès des maîtres rêveurs" (Sulliver, 2000)

Abensour Miguel
Le procès des maîtres rêveurs
Sulliver, Cabris - décembre 2000
       

Dans l'imagerie dominante, le visage de l'utopie se confond avec celui d'Hitler et de Staline et on ne saurait rien en attendre de meilleur pour l'avenir. Mais ce n'est pas d'hier qu'une relle image s'est imprimée dans les esprits. Miguel Abensour retrace ici les différentes étapes de cet acte d'accusation fabriqué au moment où s'évanouissent les espoirs qu'avait suscités Mai 68.

Face à cette légende noire, qui fait de l'utopie l'antichambre du Goulag et des camps, il interroge les auteurs qui ont pensé l'utopie du côté du bonheur, du désir et de l'émancipation humaine. Revient au premier plan la personnalité de Pierre Leroux qui fut sans doute l'inventeur du mot «socialisme» et dont l'œuvre résume en quelque sorte l'utopie de ce «splendide XIXe siècle» (André Breton).

Au rebours de routes les idées reçues, un livre qui remet l'utopie en son temps, c'est-à-dire au présent.

bensour Miguel
L'utopie de Thomas More à Walter Benjamin
Sens & Tonka - mars 2000
                                          

Thomas More.
Walter Benjamin ? La réunion de ces deux noms dans une constellation insolite a de quoi surprendre. Rares sont les éléments qui semblent les rapprocher, sinon peut-être l'essentiel, à savoir l'utopie. Il ne s'agit pas pour autant de découvrir une filiation inconnue, ni de prétendre écrire une histoire de l'utopie dont Thomas More figurerait le commencement et Walter Benjamin l'achèvement. S'il est vrai que Thomas More est bien l'inventeur avec L'Utopie d'un nouveau dispositif rhétorique et qu'il tente ainsi une intervention inédite dans le champ politique, Walter Benjamin ne représente nullement l'achèvement de la tradition utopique qui, sous des formes diverses, a continué et continue de se manifester après lui. Le projet consiste plutôt à saisir l'utopie à deux moments forts de son destin : à son éveil d'une part, puis, face au péril extrême, à ce que Walter Benjamin appelle «la catastrophe», de l'autre.• M.A.

émission du mardi 13 janvier 2009
L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles: 2/5
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture

Patrick Tacussel.  sociologue, professeur à l'université Paul Valéry, Montpellier III. Il est l’un des promoteurs contemporains de la sociologie de l’imaginaire, ses travaux portent sur l'histoire des utopies et des idées sociales. Il est l’auteur de Charles Fourier, Le Jeu des Passions, Actualité d’une pensée utopique, Desclée de Brouwer, Paris, 2000 ; et de L’Imaginaire radical, les mondes possibles et l’esprit utopique selon Charles Fourier (Les presses du réel, Dijon, 2007).

Fourier Charles
Le nouveau monde industriel et sociétaire ou Invention du procédé d'industrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées
Presses du réel, Dijon - novembre 2001

Dans ce livre de 1829, Fourier donne un résumé de l'ensemble de sa doctrine : c'est une critique systématique de la civilisation et de ses déviations intrinsèques (individualisme, exploitation mondiale des ressources au profit des plus puissants, capitalisme libéral fondé sur la loi du plus fort et des parasites) et le projet possible d'une autre société déterminée par le principe de l'association mutuelle, régie non plus par des contraintes et des répressions mais selon le vrai moteur (le seul réel) de l'attraction passionnée (le principe de la motivation).

Fourier brosse un immense tableau anthropologique (bien avant les psycho-sociologues) des diverses passions humaines, toutes utiles sans exclusives. Cette société vraiment réelle serait mue par l'harmonie des contraires et l'individu est envisagé non plus comme une entité fixe (uniforme) mais comme un être pluriel en mouvement.

Il y a là tous les principes novateurs d'une éducation fondée sur les motivations propres de chacun et l'affirmation que l'individu ne peut s'épanouir (vers une sagesse jouissive et festive) qu'à l'intérieur d'une communauté ouverte. La seule méthode est la méthode attrayante ou série passionnée, la seule théorie réelle, c'est l'association solidaire.

Fourier critique tout autant les illusions utopiques de son époque que le libéralisme économique et la monarchie absolue (la dictature de l'état central). L'ordre sociétaire unitaire et coopératif, et non plus morcelé et subdivisé (spécialisé) est dirigé par l'attraction industrielle selon une nouvelle distribution des passions, d'après la théorie des séries passionnées. «Si les pauvres, la classe ouvrière, ne sont pas heureux dans l'état sociétaire, ils le troubleront par la malveillance, le vol, la rébellion, un tel ordre manque le but, qui est d'associer le passionnel ainsi que le matériel, de concilier les passions, les caractères, les goûts, les instincts et inégalités quelconques».


Patrick Tacussel
Charles Fourier, le jeu des passions : actualité d'une pensée utopique
Desclée De Brouwer - janvier 2000


Ce livre propose une interprétation de l’œuvre de Charles Fourier (1772-1837), théoricien et poète de l’utopie intégrale. En parcourant les paysages inouïs de la vie harmonienne, les mondes possibles se détachent concrètement à l’horizon des désirs et des passions utiles au bonheur collectif. Leur découverte est l’aboutissement d’un voyage qui s’écarte des routes officielles tracées par les dogmes religieux, les illusions politiques ou économiques, l’imposture des techniques spécialisées dans la destruction de notre milieu naturel. Charles Fourier dénonce une misère sociale déguisée par la propagande du progrès ; il expose une science inconnue établie sur la recherche des analogies entre l’homme et son environnement, un savoir méthodique construit sur l’algèbre des sympathies essentielles et occasionnelles. L’extraordinaire inventivité dont témoigne son excentrique génie n’est pas sans contraste, ni zone d’ombre ; ces aspects sont aussi examinés dans cet ouvrage.

La puissance de l’imaginaire radical se nourrit d’un mouvement profond où les fonctions sensuelles et les pratiques amoureuses intègrent un mécanisme animé par le libre essor de leur luxe interne. Loin d’expulser le réel de notre esprit, la démarche de Ch. Fourier entend lui restituer sa véritable richesse en le débarrassant de la crainte du besoin et des affres de la souffrance. Les derniers siècles écoulés ont largement confirmé la justesse de ses critiques, l’époque actuelle semble en accentuer les effets dans la violence et le désordre écologique, ces propositions invitent donc à une intelligence nouvelle de l’existence et de la société, de leur nécessaire métamorphose.

Tacussel, Patrick
L'imaginaire radical : les mondes possibles et l'esprit utopique selon Charles Fourier
Presses du réel, Dijon


Ce livre propose une interprétation de l'œuvre de Charles Fourier (1772-1837), théoricien et poète de l'utopie intégrale. En parcourant les paysages inouïs de la vie harmonienne, les mondes possibles se détachent concrètement à l'horizon des désirs et des passions utiles au bonheur collectif. Leur découverte est l'aboutissement d'un voyage qui s'écarte des routes officielles tracées par les dogmes religieux, les illusions politiques ou économiques, l'imposture des techniques spécialisées dans la destruction de notre milieu naturel. Charles Fourier dénonce une misère sociale déguisée par la propagande du progrès ; il expose une science inconnue établie sur la recherche des analogies entre l'homme et son environnement, un savoir méthodique construit sur l'algèbre des sympathies essentielles et occasionnelles. L'extraordinaire inventivité dont témoigne son excentrique génie n'est pas sans contraste, ni zone d'ombre ; ces aspects aussi sont examinés dans cet ouvrage.

La puissance de l'imaginaire radical se nourrit d'un mouvement profond où les fonctions sensuelles et les pratiques amoureuses intègrent un mécanisme animé par le libre essor de leur luxe interne. Loin d'expulser le réel de notre esprit, la démarche de Fourier entend lui restituer sa véritable richesse en le débarrassant de la crainte du besoin et des affres de la souffrance. Les derniers siècles écoulés ont largement confirmé la justesse de ses critiques, l'époque actuelle semble en accentuer les effets dans la violence et le désordre écologique ; ce constat invite donc à une intelligence nouvelle de l'existence et de la société, de leur nécessaire métamorphose.

                                          
Émission du mercredi 14 janvier 2009
L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles: 3/5
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture

Raymond Trousson.  Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles, auteur de nombreux ouvrages sur l’utopie littéraire : Voyages au pays de nulle part : histoire littéraire de la pensée utopique (Ed. de l’université de Bruxelles , 1999) ; et a coordonné une Histoire transnationale de l’utopie littéraire et de l’utopisme, publiée ce mois-ci chez Honoré Champion.

 Coordonné par Vita Fortunati et Raymond Trousson
Histoire transnationale de l'utopie littéraire et de l'utopisme
H. Champion - septembre 2008

Trousson, Raymond
Sciences, techniques et utopies : du paradis à l'enfer
L'Harmattan - avril 2003

Tout au long de son histoire, l'Utopie a tracé la voie vers une société juste, assurant le bonheur de tous. Le XIXe siècle a fait des sciences et des techniques les bases de son culte quasi religieux du Progrès, censé créer un monde de justice, d'égalité et de bonheur. Mais progrès technique et progrès moral n'ont pas marché de pair et ce qui devait affranchir a instauré une nouvelle servitude. Le XXe siècle, nourri de tragiques expériences, s'est imprégné d'un pessimisme croissant à l'égard des sciences et des techniques, dont on craint désormais qu'elles dévastent le monde au lieu de le sauver. D'où l'appel de plus en plus pressant des utopistes à une contre-culture seule capable d'enrayer la marche vers un totalitarisme technocratique qui succéderait aux totalitarismes politiques de naguère. C'est l'évolution de cette conception des sciences et des techniques dans la cité idéale que l'on a tenté de raconter ici.

Jonathan Swift
Gulliver : voyage à Lilliput
Ecole des loisirs - 1977

Etre le plus grand, être le plus fort, mais tellement grand et tellement fort qu'on n'a aucun besoin d'imposer ni sa taille ni sa force, c'est la situation dans laquelle se trouve Gulliver à Lilliput. Et il en profite, tranquille comme une montagne, pour observer l'agitation, les intrigues des hommes, ces tout-petits.

Ce voyage à Lilliput représente de belles aventures, où l'imagination et l'humour sont de la fête. Mais le plus vif de ce livre est ailleurs, dans une réflexion légère sur ce qui occupe et motive la société des hommes, si bien qu'on trouve là un apprentissage de la politique et de sa nécessité, mené avec un naturel qui efface la leçon et ne touche que par l'expérience.

Bernard Noël

Fénelon
Les aventures de Télémaque, lecture accompagnée par Olivier Leplâtre
Gallimard-Education - mai 2003

Le fils d'Ulysse et de Pénélope, Télémaque, part à la recherche de son père, accompagné de Mentor: Homère a fait de ce voyage la première partie de L'Odyssée. Un jeune homme et son maître traversant des épreuves délicates mais enrichissantes: voici la trame idéale d'un roman d'éducation que Fénelon destine au jeune duc de Bourgogne. L'amour, la guerre, la pensée politique, le sens de la morale et l'aspiration au bonheur sont enseignés en suivant le cours d'une fiction alerte. Avec tendresse et espoir, l'écrivain précepteur revisite le genre de l'odyssée et entraîne son protégé sur le chemin de la maturité. Les Aventures de Télémaque: le manuel pour devenir roi en dix leçons.

L'appareil critique présente quatre thématiques: l'organisation de la fiction, l'amour, l'utopie, la guerre et la paix. Des exercices conduisent à la recherche des sources antiques et à des lectures traitant de questions voisines. Un groupement de textes sur l'utopie et des prolongements sur Télémaque mettent en perspective ce «poème en prose».

Cabet, Etienne
Voyage en Icarie
Dalloz - mars 2006


Préface de Jacques Attali
Fac-sim. de l'éd. parue en 1848 au Bureau du Populaire

Avec votre Communauté et votre Éducation, lui dis-je, vous ne devez pas avoir beaucoup de crimes ?...

- Quels crimes voulez-vous que nous ayons aujourd'hui ? répondit Valmor, qui nous écoutait. Pouvons-nous connaître le vol d'aucune espèce, quand nous n'avons pas de monnaie, et quand chacun possède tout ce qu'il peut désirer ? Ne faudrait-il pas être fou pour être voleur ! Et comment pourrait-il y avoir des assassinats, des incendies, des empoisonnements, puisque le vol est impossible ? Comment pourrait-il même y avoir des suicides, puisque tout le monde est heureux ?

- Mais, répliquai-je, ne peut-il pas y avoir des meurtres, des duels et des suicides pour d'autres causes ; par exemple, par amour ou par jalousie ?... - Notre Éducation, répondit encore Valmor, fait de nous des hommes, et nous apprend à respecter les droits et la volonté des autres, à suivre en tout les conseils de la raison et de la justice : les Icariens sont presque tous des philosophes qui, dès leur enfance, savent dompter leurs passions.

Jean-Jacques Rousseau
Du contrat social
Flammarion GF - janvier 2001

édition de Bruno Bernadi

Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent un texte beaucoup plus problématique qu'affirmatif, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?

Montesquieu
Les Lettres persanes
LGF – 2005


Ecrit en 1721, ce roman philosophique de forme épistolaire est un tableau satirique de la France du 18ème siècle à travers le voyage de deux persans, Usbek et Rica, visitant Paris et communiquant leurs impressions à des compatriotes.

 

émission du jeudi 15 janvier 2009
L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles: 4/5
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture
 

Frédéric Rouvillois.  Professeur de droit à l'université Paris V ; auteur de plusieurs ouvrages juridiques et politiques ; il a dirigé l’édition de L’Utopie, Corpus GF paru en 1998. Il parlera des contre-utopistes.

Frederic Rouvillois
L'UTOPIE
Flammarion, GF Corpus

Aldous Huxley
Le meilleur des mondes
Pocket - 1er novembre 2002
Traduit de l'anglais par Jules Castier

Un chef-d’œuvre de la littérature d'anticipation écrit en 1931 et dans lequel A. Huxley montre non pas le progrès de la science en tant que tel, mais le progrès de la science en tant qu'il affecte les individus humains.

Georges Orwell
1984
Ed : Hatier - 2004

Roman-pamphlet contre le totalitarisme, contre-utopie qui s'inscrit dans le cadre de deux objets d'étude : le récit pour convaincre, persuader et délibérer ainsi que les formes et les fonctions de l'essai, du dialogue et de l'apologue.

 Evgueni Ivanovitch Zamiatine
Nous autres
Gallimard - 1979
  

Préface de Jorge Semprun

«... On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.»

Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation, au rééquilibrage psychique.

C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor.

Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples. Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié.

L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos (...) condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à (...) 37, à l'âge de 53 ans.

Yvon Hecht

Émission du vendredi 16 janvier 2009
L'utopie ou le meilleur des mondes impossibles: 5/5
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture

Monique Dixsaut.  ancienne élève de l’ENS, philosophe , spécialiste de Platon, elle est professeur émérite à l'université Paris 1, et dirige la collection "Tradition de la pensée classique" pour les éditions Vrin .Elle viendra parler de la République platonicienne

Platon
La République
Flammarion; GF, n° 653 - février 2002

traduit du grec ancien par , introd., notes Georges Leroux.

La scène est au Pirée, qu'éclairent les flambeaux nocturnes de la procession en l'honneur de la déesse Bendis. Attablés dans la maison du vieux Céphale, Socrate et quelques amis entreprennent de discuter des récompenses promises au juste dans l'au-delà. Qui peut le mieux cerner l'essence de la justice ? La sagesse traditionnelle, les mythes anciens semblent impuissants et Socrate a vite raison des prétentions du sophiste Thrasymaque. Alors s'amorce avec Glaucon et Adimante, les frères de Platon placés en position d'interlocuteurs philosophes, un long entretien qui, de la justice dans la cité, remonte vers la justice de l'âme. L'histoire d'Athènes traverse sans cesse ce dialogue puissant, où la proposition d'une cité parfaite et de la royauté des philosophes est à la fois la réponse à la tourmente politique de la démocratie grecque et la recherche métaphysique des vertus de l'âme et des objets de la raison.

Dans la traduction et le commentaire que je présente ici, j'ai cherché à construire l'équilibre le plus rigoureux possible entre une lecture centrée sur l'histoire et une autre qui prend la métaphysique comme foyer principal. Un des effets de cette perspective est d'éviter une position trop courante aujourd'hui, la dépolitisation de l'œuvre. L'inquiétude de celui qui aspire à la justice, Platon ne cesse de le rappeler, n'est-elle pas indissociablement éthique et politique ?

Georges Leroux

Monique Dixsaut
Le naturel philosophe
Vrin, Paris. Collection Tradition de la pensée classique - 1er octobre 2001

Il se pourrait qu'il n'y ait rien de commun entre ce que nous nommons philosophie et ce que Platon nomme pour la première fois philosophia. Sous ce nom ne s'est pas d'abord comprise la spécificité d'un savoir mais une certaine relation de désir au savoir, qui modifie les deux termes. Tout a été brouillé par la pâle interprétation de l'érotique platonicienne comme élan vers un ineffable, ascension vers une contemplation. Désirer penser, c'est penser. Chez Platon, la philosophie n'est encore assurée ni de sa possibilité, ni de sa réalité, ni de sa définition, ni même de son nom, elle l'est seulement, et seulement pour elle-même, de sa nécessité. Si la philosophia désigne essentiellement la manière propre qu'a l'intelligence de désirer, il n'y a pas plus d'intellect séparé de l'âme que de philosophie sans philosophe.

Il s'agit donc, dans cet ouvrage, de faire deux choses en même temps. D'un côté, déterminer les différents sens donnés par Platon au terme philosophia : dénommant, dans les premiers dialogues, l'activité propre et la force qui anime un personnage, Socrate, la philosophia reçoit du Phédon jusqu'au Phèdre ses dimensions intérieures et est pensée comme nature ; ensuite, sa modalité dialectique se précise tandis que s'opère sa déduction politique et cosmologique. De l'autre, lire chaque dialogue comme l'exercice d'une philosophia, ce qui signifie ne pas s'encombrer de thèses, de théories et de méthodes et lire avec scrupule et liberté les textes les plus subtilement ironiques, les plus volontairement fragmentés, les plus multiplement médiatisés qui soient.

Monique Dixsaut
Platon: le désir de comprendre
Vrin, Paris. Collection Bibliothèque des philosophies - 7 octobre 2003


"- Eh bien, sur ce point, ne nous trouvons-nous pas en complète opposition avec ce qu'on pense généralement du philosophe ?

- On ne peut plus complète, dit-il.

- Notre défense ne sera-t-elle pas à la mesure du problème si nous disons ceci : celui qui aime véritablement apprendre est par nature porté à lutter pour atteindre ce qui est ; il ne s'attache plus à chacune des multiples choses que l'opinion croit exister, il avance, sans laisser son désir faiblir et s'éteindre, jusqu'à ce qu'il ait saisi la nature de ce qu'est en elle-même chaque réalité, par la partie de son âme à laquelle il convient d'y accéder - or cela convient à ce qui est apparenté ; une fois qu'il s'est approché de ce qui existe réellement et s'y est uni, il engendre intelligence et vérité, et, dès lors, il connaît, vit et se nourrit véritablement ; c'est bien ainsi, n'est-ce pas, mais pas avant, que cessent pour lui les douleurs de l'enfantement ?"

Platon, République