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Sonny Rollins - Photo Mephisto © Mephisto
Méphisto Photo

 

 

 

 

 

UNIVERSITE POPULAIRE DU BASSIN D’ARCACHON
ET DU VAL DE L’EYRE (UPBA)

 

 

17 Juin 2006

Comprendre et entendre :
 

 

               

Moments forts de notre deuxième rencontre


Ecrivez-nous :  UPBA@wanadoo.fr

 

 

 

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« Le jazz porte l’empreinte du corps », tel était le titre de la conférence du 17 juin dernier à Andernos, dans le cadre de la 2° rencontre de l’UPBA ,conférence animée par Xavier Daverat, professeur de droit à l’université de Bordeaux et passionné de jazz.

Il a dévoilé , à une assemblée de tous âges, le jazz par des facettes différentes de ce que l’on connaît habituellement ce qui a pu étonner et même dérouter certaines personnes.

C’est donc à travers le lien entre le corps et le jazz que nous avons pu découvrir l’altérité de cette musique , son côté social et même libertaire.

De même, il a montré que les mélanges de culture abolissent les limites de ce style musical.

Des moments de musique et de vidéo ont illustré le discours de Xavier Daverat.

Les musiciens de « Jeunes en Jazz » , groupe libournais, ont ponctué une partie de ces thèmes après avoir expliqué les rudiments du jazz. Après un repas sympathique, ils ont clos la soirée par un bœuf musical.

Les photos d’Ivan Lavallée et les sculptures de Jérôme Barreau ont complété cet après-midi musical.

Le prochain rendez- vous de l’UPBA sera le 21 octobre sur l’environnement et les ressources.

En légende de la photo : sculpture de Jérôme Barreau : 06 82 04 80 95

 

 

 

 

 

 

Le Jazz messager d'un état d'âme, expression humaine par essence.
Le cri de douleur est devenu message d'espoir, musique populaire par essence.

Une après-midi et une soirée pour voir, comprendre et entendre

VOIR
à partir de 14h00

   Photos d'Ivan Lavallée
   Sculptures de Jérôme Barreau

COMPRENDRE ET ENTENDRE
de 15h à 18h

Le jazz porte l'empreinte du corps, musique de danse et de divertissement,
pulsation dite swing, balancement et jeux évoluant avec le style et le temps.

 Avec Xavier Daverat                                     Alternée des jeux musicaux des "Jeunes en Jazz"

ENSEMBLE
de 18h à 22 h

Repas "Auberge Espagnole" Chacun amène ce qu'il veut (partager)

Libre cours Musical "Boeuf"

  

 

JAZZ : LE CORPS MUSICIEN

 Désigné d’un mot associé à l’acte sexuel, le jazz porte l’empreinte du corps. D’abord musique de danse et de divertissement, le jazz classique a été caractérisé par une pulsation dite swing, balancement aux incidences physiologiques créé par un ensemble d’effets (syncopes, accents, décalages, ambiguïté binaire/ternaire) et de jeu (souplesse, phrasé, inflexions) dont les caractères ont évolué avec les styles et le temps.

Dans les années 50, le jazz dit funky fait allusion aux fonctions corporelles (to funk = puer), renversant l’une des assertions racistes réservées au Noir, en même temps qu’un retour aux racines afro-américaines surexpose le blues, le gospel, les formes incantatoires de traditions soulfull ou churchy, et que le riff, ostinato fruste, peut être réitéré jusqu’à la transe. Cette fière revendication de la négritude (« Black is Beautiful ») renvoie à la signification que donnait Leroi Jones au blues de Bessie Smith face au public Blanc : « Ils se prennent le crâne à deux mains et ils susurrent : “Oh ! J’adooore Bessie Smiiith” sans même comprendre que Bessie Smith leur chante : “Tiens, voilà mon cul, voilà mon gros cul noir” » (Le Métro Fantôme). Cette période de luttes raciales et d’émeutes dans les ghettos est aussi celle de la transgression du free jazz : remise en cause du swing au profit d’autres tensions, rejet du cliché, liquidation de l’opus et dédain de la conception occidentale du Beau sur le plan esthétique coïncident avec la radicalisation du discours et de l’action politiques. La réappropriation symbolique d’une culture Noire peut alors confiner au tribalisme jusque dans les peintures ornant les visages des musiciens de l’Art Ensemble of Chicago et les célébrations de l’orchestre de Sun Ra. Mais, au-delà d’une dominante africaine-américaine, le jazz a aussi été le lieu d’expression de la fêlure fitzgeraldienne des musiciens californiens ou de l’idéal libertaire de jazzmen européens.

En jazz, le corps est toujours impliqué, depuis les anciennes joutes entre instrumentistes (bucking contests ou chases) jusqu’au risque de l’improvisation collective, ainsi que dans l’approche physique de l’instrument (balancement du saxophone de Sonny Rollins, plongée du buste de Bill Evans sur le piano…). Le corps y est aussi, dans l’instant de l’improvisation, réceptacle de l’imprémédité, de la contingence ou de l’inadvertance, tandis que le jeu laisse affleurer une corporalité sous les effets (vibrato, timbre éraillé, couinements d’anches, growls, attaques souillées, bruits, scat) et les affects (cris, hurlements, rage, chant érotique d’Anita O’Day ou splénétique de Cassandra Wilson). Création majeure du siècle dernier, nulle autre musique que le jazz n’aura déployé une telle force d’altérité en marge des formes consensuelles de l’évolution musicale.

Xavier Daverat. Maître de Conférences, Univ.Bordeaux IV,
Juriste, Directeur du DESS propriété. intellectuelle. Thèse, L’artiste interprète, 1990

Nota : Xavier Daverat : John Coltrane, Éditions du Limon (1995)

 

L'Homme Revue française d'anthropologie

Sur des erres de jazz

Résumé

Une opinion commune considère que le jazz vivrait une période de dépérissement ou de ressassement. Cette conception est d'abord basée sur une erreur qui consiste à croire que le jazz évolue uniquement au travers de relèves entre les générations, de substitutions complètes de nouveaux styles à des formes d'expression qui se démoderaient aussitôt, d'instaurations systématiques de nouveaux langages opposés à ceux qui les ont précédés. Au contraire, les caractéristiques de chaque style s'imbriquent quand les différentes générations de musiciens se côtoient, perdurent dans la mémoire et le jeu des plus jeunes interprètes. Certes, le jazz se fonde aujourd'hui sur un ensemble de codes établis qui reposent essentiellement sur des règles musicales, tant morphologiques que syntaxiques, déterminées à partir du be-bop et du hard bop, et donc déjà anciennes. Mais le jazzman peut toujours forger son identité musicienne dans ce contexte, et même repenser la tradition de cette musique (par assimilation, stratification, conciliation, ressourcement, relecture), sans nostalgie ni inféodation à des modèles du passé.

Xavier Daverat

 


Les articles de Xavier Daverat   
Ground Zero, banlieue ultime

 


Autres publications
Jazz et anthropologie, un mariage impossible ?

Extrait de Gironde Magazine n° 51 octobre/novembre 1997
chronique discographique par Xavier DAVERAT


   "Il y a tellement longtemps que Francis Fontès (piano), Hervé Fourticq (saxes), Dominique Bonadei (basse) et Philippe Valentine (batterie) se produisent sur les scènes bordelaises, sans avoir éprouver le besoin d'enregistrer, qu'on avait pris le parti d'une familiarité exclusivement live avec ces musiciens. Le disque de ce quatuor (Affinity Quartet) qui vient de paraître (avec la complicité de Philippe Drouillard à la guitare sur un titre), jusqu'alors inespéré, est donc le bienvenu.
    On ne s'étonnera pas, si l'on connaît les interprètes, que cette musique soit sans surprises quant à l'esthétique développée (même si le répertoire est exclusivement consacré à des compositions originales de chacun des musiciens). Mais, au-delà d'un cadre étroitement balisé - le courant hard bop -, c'est la manière très festive de dérouler le répertoire qui saisit à l'audition de ce disque.[...]
    C'est un hédonisme hard bop qui s'impose ici, de manière parfaitement convaincante.[...]
    Soit en fin de compte l'image d'un classicisme, ni redondant ni ressassant, qui vient nous rappeler que les quatre musiciens, fermement installés dans un courant dominant du jazz, sont parmi les meilleurs de la scène autochtone. Mais aussi l'occasion de convenir que pareil disque tient fièrement son rang dans l'ensemble de la production hexagonale."


 

 

Sites pour et autour du jazz

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Rencontres
La lettre et l'esprit des lois Xavier Daverat
Acquis science N° 19 Printemps 1999